J.P.LIEGEOIS
© Nature et Terroir
Une
des questions que nous entendons le plus souvent avant le voyage est
« quelles chaussures dois-je prendre ? ». C’est en effet
une information de toute première importance : pas de plaisir dans la
tête ou le coeur si les pieds ne sont pas à leur aise !
Au
placard !
Les chaussures
de sport sont à la mode, mais elles ne conviennent généralement
pas pour randonner dans la nature. Elles ne sont pas imperméables,
soutiennent mal la cheville, protègent peu les malléoles et ont des
semelles trop souples. Leur usage se limite aux chemins et bons
sentiers.
Les bottes
en caoutchouc sont certes irremplaçables pour aller patauger dans
le marais, mais elles sont désastreuses pour la marche : trop lourdes,
pas de soutien de la cheville, peu de protection des malléoles,
semelles trop souples. Comme, en plus, il est impossible de les serrer,
elles provoquent un échauffement des pieds par frottement.
Pour les
passages humides, les pataugas ou les sandales de randonnées
offrent une alternative intéressante. Bénéficiant de bonnes semelles,
elles sont aussi vite sèches que mouillées tout en étant légères et
confortables.
Les
chaussures de promenade
Pour marcher
sur du terrain plat ou des chemins, pas besoin de grosses chaussures
de randonnée. Pieds et chevilles risquent peu, et on optera pour le
confort et la légèreté. De bonnes semelles assez épaisses (si il
pleut) et anti-dérapantes (sur la boue) sont nécessaires. Pour la
couverture de la chaussure, préférez toujours du cuir :
robuste, souple, perméable à la transpiration. La
marque « Méphisto »*, entre autres, est un des classiques
du genre.
La
randonnée
Nous n’aborderons
pas ici l’équipement nécessaire au « trekking » dur
(escalade, ...), mais ce qui convient à la randonnée sur chemins
caillouteux, dans les rochers, etc ...
Pour cet
usage, il faut que :
- la semelle
soit épaisse et rigide (difficile de la courber à la main) et
présente un relief très marqué. Cela protègera le pied contre les
rochers aigus et assurera une bonne « tenue de route ».
Beaucoup de marques utilisent les semelles « Vibram »* qui
font autorité en la matière.
- un épais rembourrage
vienne protéger les malléoles contre les chocs et envelopper toute la
cheville pour éviter les entorses.
- tout le corps
de la chaussure soit costaud et la tige renforcée. Le laçage
doit permettre un bon dosage du serrage (idéal : anneaux au niveau du
pied et crochets pour la cheville).
- la
chaussure soit imperméable et résiste aux innombrables chocs
et écorchures qu’elle devra subir.
Les modèles
qui combinent à l’extérieur des pièces colorées de croûte de cuir
et de tissu nylon sont fort prisés. Pourtant, à la première flaque de
boue, adieu les belles couleurs, et pour le reste, chaque raccord entre
deux pièces est une zone de faiblesse pour l’étanchéité et la
durabilité. Préférez donc les chaussures tout cuir, avec un
minimum de raccords (idéal : pas de couture sur l’empeigne
qui reçoit le plus d’eau) et un « retour » de la semelle
qui enveloppe une des zones délicates : le raccord semelle-couverture.
Et le
« Gore Tex »* ? C’est une fine pellicule spéciale placée
en chausson à l’intérieur de la chaussure et qui laisse passer la
transpiration tout en ne laissant pas entrer l’eau. C’est bien, mais
cela ne fonctionne pas durablement pour les chaussures. Ce n’est pas indispensable (mais c’est un
« must » pour le survêtement !).
Du
bon choix ...
Avant l’achat,
faites l’essai suivant.
Enfilez vos
épaisses chaussettes de rando, serrez bien les chaussures, et
« faites des pointes » (les magasins spécialisés disposent
de plans inclinés à 45°). Vos orteils ne peuvent pas butter au
fond. Si c’était le cas, vérifiez le serrage des lacets, ou
essayez une pointure plus grande. Sans cela, vous vous mettrez les
orteils en compote à la première descente sérieuse.
...
au bon usage
Quelques
règles de base :
 |
ne
serrez pas trop les chaussures en montée, un peu de souplesse
dans la cheville limitera l’effort |
 |
serrez
fort dans la descente, pour bloquer la cheville contre les
foulures, limiter l’échauffement de la plante du pied par
glissement et éviter que les orteils ne buttent au bout de la
chaussure |
 |
n’ôtez
pas vos chaussures lors de la pause; ouvrez-les, sans plus. En
effet, les pieds gonflent et il devient malaisé
de se rechausser. |
 |
entretenez
très régulièrement vos chaussures. L’eau, la poussière,
les cailloux attaquent le cuir (sans parler des autres revêtements
plus fragiles). Spray imperméabilisant (attention à la couche d’ozone
...) et/ou bon cirage fluoré font l’affaire. Traitement à
répéter chaque fois que le cuir à l’air « sec » ou
a été détrempé. |
 |
Pour
imperméabiliser, la graisse reste la plus efficace. Mais pas d’excès
car elle bloque l’évacuation de la transpiration |
 |
ne
faites jamais sécher vos chaussures sur un radiateur ou près d’un
poële. Elles rétréciraient définitivement d’une pointure.
Bourrez-les de papier que vous renouvellerez autant de fois que
nécessaire. |
Savoir
choisir ses chaussettes
(à
répéter 100 fois, rapidement)
Il ne faut
pas sous-estimer le rôle des chaussettes, qui est triple : amortir les
chocs, assurer l’isolation thermique et évacuer la transpiration.
Le mieux est d’en porter deux paires superposées.
La première,
fine et souple, enserrant le pied sans former de plis (gare aux ampoules
!), formera une véritable seconde peau. Vous en changerez chaque jour,
car ce sont elles qui pompent le plus la transpiration.
La seconde,
plus épaisse, montant à mi-mollet, joue le rôle de tampon entre la
chaussure et le pied tout en gardant celui-ci au chaud. Il existe des
modèles spéciaux pour randonneurs, avec protection de la plante, des
orteils et du talon, ainsi que des modèles en Gore Tex *. Ce sont des
« plus » pour ceux dont le budget est confortable.
* Nous citons
ces marques commerciales connues à titre exemplatif. Cela ne signifie
pas que nous les recommandions particulièrement.